Les Jeunes Européens – Rennes et les présidentielles : rencontre avec les Jeunes populaires

Le 28 février, les Jeunes Populaires d’Ille-et-Vilaine ont répondu massivement – une trentaine de personnes étaient présentes – à l’invitation à débattre du sujet de l’Europe dans la présidentielle, lancée par les Jeunes Européens-Rennes. Attention, cette rencontre a eu lieu trois semaines avant que Nicolas Sarkozy formule ses propositions sur l’Europe, le 22 mars lors du meeting de Strasbourg, notamment concernant Schengen.

Cette rencontre a été l’occasion d’un débat vif et très intéressant sur l’Europe, grâce à la diversité de sensibilité vis-à-vis de l’Europe de nos interlocuteurs, finalement très représentatifs de la droite française actuelle : des militants pro-européens convaincus, tout comme des militants souverainistes eurosceptiques.

La structure des Jeunes Populaires d’Ille-et-Vilaine

On compte 210 membres des Jeunes Populaires, branche jeune de l’UMP, en Ille-et-Vilaine. La fédération département du 35 dispose d’une commission de réflexion sur la question européenne.

Si le mouvement des Jeunes Populaires au niveau national entretient des relations avec d’autres associations ou mouvements en Europe, notamment en étant membre de l’organisation Youth of the European People’s Party, ce n’est pas le cas au niveau départemental.

Une « France forte », mais pour quelle Europe ?

Les Jeunes Populaires d’Ille-et-Vilaine, à l’image de la tradition de la droite modérée bretonne, sont majoritairement pro-européens. Ils sont favorables à la poursuite et à l’accélération de la construction européenne dans une forme intergouvernementale. Ils souhaitent « passer d’une Europe des Etats à une fédération européenne. Mais le problème vient des autres états européens, moins enthousiastes que nous. D’où la nécessité d’avancer lentement pour garder l’ensemble des pays dans le même bateau, comme sur le sujet de la gouvernance économique, par exemple. » Mais alors, les Jeunes Populaires seraient fédéralistes ? Pourquoi ne jamais l’affichez en public ? Maxime Gallier, responsable de la fédération départementale, répond du tac-au-tac : « En fait, nous faisons exactement comme les Jeunes Européens-France qui n’affichent pas le terme de fédéralisme a contrario de l’organisation paneuropéenne des Jeunes Européens Fédéralistes dont ils sont membres… »

Si l’on résume, les Jeunes Populaires d’Ille-et-Vilaine sont des Européens convaincus qui souhaitent la construction d’une fédération européenne à moyen voire long terme, dont la méthode intergouvernementale serait le moyen d’y parvenir.

Toutefois, quelques membres présents semblent regretter le temps où le général de Gaulle résumait ainsi le fédéralisme européen, lors d’un entretien télévisé en 1965 : « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant « l’Europe ! », « l’Europe ! », « l’Europe ! » mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien. »

L’action européenne de Nicolas Sarkozy

Maxime Gallier avoue que « Nicolas Sarkozy, en 2007, n’était pas hyper pro-européen. » Il est vrai qu’à l’époque le surnom « Sarko l’Américain » lui collait souvent à la peau. « Mais maintenant, poursuit le responsable départemental, il l’est bien d’avantage et on l’a vu au cours de son mandat. »

« Sarkozy a construit une Europe sociale », affirment les Jeunes Populaires. Celle-ci aurait vu le jour avec le Traité de Lisbonne notamment par la mention faite à la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne adoptée en 2000 et qui répertorie l’ensemble des droits civiques, politiques, économiques et sociaux des citoyens européens ainsi que de toutes personnes vivant sur le territoire de l’Union.

L’action de Nicolas Sarkozy a été également déterminante, pour les Jeunes Populaires, dans le sauvetage de la zone euro, au plus fort de la crise économique. « Il se bat pour la mise en place d’un Mécanisme européen de stabilité (MES), contre le Parti socialiste. »

Les propositions de Nicolas Sarkozy

Comme nous l’avons dit en introduction, ce débat s’est déroulé avant que le président-candidat ne dévoile son programme européen, donc les Jeunes Populaires d’Ille-et-Vilaine n’étaient pas en capacité de nous exposer des propositions bien définies. Toutefois, pour eux, le programme européen de Nicolas Sarkozy doit s’articuler autour de trois points essentiels :

-« L’application effective du Mécanisme européen de stabilité, afin d’arrêter la contagion de la crise à l’ensemble de la zone euro. »

-« L’adoption d’une fiscalité européenne, qui passe par l’adoption obligatoire, par tous les pays membres de la zone euro, d’une règle d’or sur les déficits, ainsi qu’une convergence fiscale, notamment entre la France et l’Allemagne. »

-« Une gouvernance européenne renforcée et dirigée par les pays les plus forts et plus importants de l’Union Européenne. » Le couple Merkozy a ainsi de beaux jours devant lui !

Les Jeunes populaires sont « pour » ou « contre » ?

-Pour ou contre donner plus d’importance donnée au Parlement européen ? « Pour. D’ailleurs, c’est grâce au Traité de Lisbonne que la Commission est responsable devant le Parlement et qu’il y a un début de navette parlementaire au niveau européen. »

-Pour ou contre des listes transnationales lors des élections européennes ? « Contre. Pas le moment. »

-Pour ou contre l’élection d’un président unique de l’Union Européen au suffrage universel direct ? « Contre. Pas le moment. »

-Pour ou contre le transfert de nouvelles compétences au niveau européen ? « Ca dépend. » En fait, les Jeunes Populaires sont très frileux lorsque l’on évoque le sujet d’une défense commune. Par contre, ils sont très favorables « pour mettre l’économie au centre des nouvelles compétence de l’Europe. »

-Pour ou contre l’instauration d’un SMIC européen ? « Contre. Nous souhaitons plutôt une convergence économique. »

-Pour ou contre la création d’euro-obligations ? « Nicolas Sarkozy souhaitait leur création, mais Angela Merkel a refusé. Il est impossible de faire ce genre de mesure tout seul. »

-Pour ou contre la mise en place d’un impôt européen ? « Ce sera perçu comme un impôt supplémentaire, donc il faut faire très attention. Il est compliqué d’évoquer ce sujet. »

-Pour ou contre la création d’un jour férié européen, le 9 mai par exemple ? Plusieurs sont contre : « On a déjà trop de jours fériés. » D’autres sont favorable à cette proposition, « à condition qu’il remplace un autre jour férié. »

La question hongroise

Pour les Jeunes Populaires, « Nicolas Sarkozy a condamné sans ambigüité ce qui se passe en Hongrie. » Cependant, pour eux, il est très difficile d’intervenir dans les affaires intérieures hongroises puisque « Viktor Orbán a été élu. On ne peut pas remettre en cause le suffrage universel. »

Nous leur rappelons que Joseph Daul, député européen membre de l’UMP et président du groupe du Parti populaire européen au Parlement (N.D.A. : le PPE est le principal parti politique européen de droite, dont Viktor Orbán est l’un des vice-présidents), a voté contre la condamnation de la Hongrie Nos interlocuteurs paraissent alors gênés et esquivent en répondant que : « Joseph Daul a présenté la position du PPE, pas de l’UMP ».

Quelle identité européenne et quel avenir pour l’Europe ?

Sur la question de l’élargissement de l’Union Européenne, les Jeunes Populaires sont clairs : « Il faut d’abord régler les problèmes actuels de l’Union et renforcer sa gouvernance avant de penser à intégrer de nouveaux membres. Le cas grec nous a servi de leçon, il faut faire attention avant de laisser entrer d’autres pays. »

Par quoi se définit en premier lieu l’identité européenne ? « Par la démocratie. Toutefois, on ne peut pas inventer une identité européenne, elle va se construire progressivement. »

Enfin, la question des langues régionales semble divisée les Jeunes Populaires, alors que Nicolas Sarkozy refuse la ratification de la Charte européenne des langues minoritaires, ce qui fait de la France une exception en Europe. Pour certains d’entre eux, il ne faut pas remettre en question l’unité française, qui s’est notamment construite autour de la langue française. Pour d’autres,  « une Nation sans histoire n’est rien. Les langues régionales font parties de l’histoire de France, don il faut les protéger. »

En conclusion…

Les Jeunes Populaires d’Ille-et-Vilaine font largement confiance à Nicolas Sarkozy pour faire avancer la construction européenne, notamment par la convergence économique et l’harmonisation fiscale. Bien que quelques uns de leurs membres semblent être nostalgiques d’une souveraineté française « abandonnée » à Bruxelles.

Publicités
Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • Jumelage

    Dans le cadre du jumelage entre les sections des jeunes européens fédéralistes de Rennes et d'Eichstätt en Bavière, certaines prises de positions communes sur des sujets européens seront publiées en français et en allemand. Bonne lecture !
  • Suivez notre actu sur Twitter !

  • Flickr Photos

  • Crédits bannière

    La bannière de ce site a été réalisée par Margot Treinsoutrot
%d blogueurs aiment cette page :